dimanche 12 janvier 2014

Tous les zines SFFF

http://tousleszines.blogspot.fr/Voilà un moment que l'idée me trottait dans la tête. Il y a tant de petites revues, de webzines liés à la littérature SFFF qu'on finit par en oublier, qu'on laisse passer des numéros qui auraient pu être passionnants, des nouvelles inédites d'auteurs que l'on apprécie.

Les recensements qui existent sont souvent sous formes de listes, pas facile à consulter. Ils évoquent souvent des revues arrêtées depuis des années. Un véritable cimetière qui rappelle combien le monde du magasine est précaire.

Je lance donc un nouveau blog. Le but est simple, montrer les derniers numéros de chaque zine SFFF avec son sommaire, dans une présentation la plus claire et facile d'utilisation possible.
C'est encore en chantier, je crée d'abord une base avec les derniers numéros des revues que je trouve. Ensuite, ce sera mis à jour à chaque sortie récente. N'hésitez pas à contribuer si vous trouvez des supports auxquels je n'ai pas pensé.

Il faut juste cliquer ici.

mercredi 8 janvier 2014

Citriq : pour les gouverner tous

http://citriq.net/Je viens de découvrir le réseau Citriq. Et je trouve l'idée remarquable. Au lieu d'être un énième site de chroniques, Citriq va au contraire mettre en réseau toutes les critiques existantes ( beaucoup d'imaginaire, mais pas que). D'abord sur son site : pour chaque livre recherché, on vous propose des liens vers plusieurs avis (bloggeurs, sites etc).
Mais la formule va plus loin. Les inscrits sur Citriq ajoutent leurs critiques et reçoivent en échange un petit code html à placer dans leurs sites propres. Ce code va lister automatiquement les liens vers les autres critiques du bouquin en question. Bref, une toile tissée à l'intérieur de la toile.

Pour mieux saisir : le site de Citriq

Et mon blog ImaginR, sur lequel vous constaterez, pour chaque bouquin, des liens vers d'autres avis. Et ce qui est formidable, c'est qu'avec le code, ces liens se mettent à jour tout seuls.

Amis blogueurs et chroniqueurs, inscrivez vous. En plus d'apporter une amélioration à votre contenu, Citriq améliore votre référencement dans les moteurs de recherche.

dimanche 5 janvier 2014

AOC n°30

Aventures Onirique et Compagnie publie pour sont trentième numéro les lauréats du concours Visions du Futur 2013. Un petit avis sur les textes, en passant :

Mamie Lucie de Milora (accessit) : Cette histoire nous plonge dans l'esprit d'une vieille dame qui perd la mémoire. L'écriture est superbe et je n'ai jamais lu la vieillesse aussi bien rendue, froide et terrifiante, que dans ces pensées troublées au sein d'une maison de retraite. L'aspect fantastique, une histoire de pacte magique, reste ténu.

L'Alif, de Morrad Benxayer (accessit) : une histoire de quête existentielle sur fond de trip hallucinatoire à base de drogue et de secte orientale New Age à travers un voyage en Inde. J'ai eu un peu du mal à accrocher au récit, même si le discours de la secte est bien rendu et que le doute permanent est plutôt habile : escroquerie ou fantastique ?

Point de fuite d'Arnaud Cabanne (deuxième prix) : une nouvelle post-apocalyptique dans un Paris ravagé où les survivants sont devenus cannibales. La nouvelle raconte le parcours d'un jeune homme accompagné de son père, chassant l'humain pour se nourrir. L'écriture est juste et la nouvelle se clôt par un joli twist final.

Dark Rocks de Marc Oreggia (premier prix) : ce récit d'attaque alien est assez peu conventionnel, puisque le héros est un vieux maghrébin ayant survécu aux guerres mondiales. Alors que sa maison de retraite est évacuée et que les humains sont massacrés par les Hydres, d'immondes insectes qui dévorent tout sur leur passage, il tente d'organiser sa survie. Si j'ai eu du mal à accrocher aux premières pages, j'ai ensuite plongé dans l'histoire et les descriptions particulièrement trash des tueries. Le gore est maîtrisé, jamais gratuit, mais glaçant et horrifiant. Cette nouvelle mérite son premier prix.

mercredi 1 janvier 2014

Dimension Système Solaire

En 2014, j'aurai la chance de voir un de mes textes au sommaire d'une anthologie de Rivière Blanche, dans la prestigieuse collection Fusée (ces "Dimensions" qui reprennent l'ancienne collection de Fleuve Noir).
Il s'agit de Dimension Système Solaire, dirigée par Arnauld Pontier. Je parlerai plus tard de ma nouvelle - l'anthologie pourrait sortir pour l'été 2014 - mais il s'agit d'un texte à l'origine prévu pour l'anthologie avortée Dimension Mars. Rien n'était plus frustrant que de se voir enfin accepté dans une grosse antho pro pour apprendre, près de deux ans plus tard, que l'ouvrage était annulé...
En la soumettant au nouvel appel à textes pour Système Solaire, j'ai eu la chance de la voir retenue une seconde fois, et dans la même collection !

Dimension Système Solaire, c'est 29 nouvelles qui évoquent une vingtaine de corps célestes de notre système solaire. On y retrouve des auteurs débutants, d'autres plus confirmés, certains bien connus de la blogosphère.

L'image est le projet de couverture.

A suivre...

dimanche 24 novembre 2013

100 000 signes de fantasy

100 000 signes, encore, un chiffre rond comme une étape. J'ai déjà tenté le roman, avec le planet-opéra Kaus Primera évoqué sur ce blog, et qui avait dépassé les 400 000 signes. C'était le premier texte long au bout duquel j'ai réussi à mettre un point. Roman aujourd'hui en sommeil, parce qu'il a besoin d'une bonne révision, et parce qu'il préfigure davantage une trilogie qu'un stand-alone.

Mais le retour à la nouvelle avait quelque chose de frustrant. Après quatre ou cinq textes courts, j'ai senti un manque. Comme si désormais il fallait que je passe à plus grand. Alors me voici plongé dans un nouveau projet.

C'est de la fantasy d'aventure. Jamais je n'aurais pensé écrire de la fantasy, de la fantasy pur jus, avec des combats à l'épée et des créatures...
Mais il y a eu une opportunité, une rencontre, un éditeur qui souhaite une saga parallèle à un cycle existant. Impossible d'en dire plus en l'état, mais disons que si l'univers est imposé, j'ai carte blanche pour le scénario. Bien sûr, il faut que tout soit validé à la fin, mais j'ai la chance de ne pas avoir à démarcher cinquante maisons d'éditions avec un manuscrit. D'avoir un projet qui, au minimum, sera lu avec attention par l'éditeur.

Donc me voici avec mes 100 000 signes de fantasy. Et oui, c'est tout aussi agréable à écrire que de la SF. Avec une manière légèrement différente de penser : on travaille davantage sur le divertissement, le rebondissement, que sur les concepts. Même si - je n'ai pas résisté -  j'ai pris à contre pied quelques idées fantasy et fantastiques convenues pour en faire un cœur d'intrigue inattendu... Un quart ou un tiers du récit sont donc pondus. Et une trouille de tous les diables parce que j'ai intérêt à réussir ce qui sera peut-être mon premier roman publié.
Je me donne jusqu'à la fin du printemps 2014.

samedi 12 octobre 2013

Le dernier Lama Exterus

Brins d'Eternité n°36 vient de paraître. La revue canadienne publie ma nouvelle "Le dernier Lama Exterus". C'est un planet-opera. Il y a une rencontre avec une espèce extra-terrestre et un peu de biologie étrange. Certains qui l'avaient lu avant parution avaient jugé le texte malsain, je ne le trouve pas si choquant, ayant écrit bien pire...

Ce qui me fait vraiment plaisir, c'est cette superbe illustration de Chantal Fournier. J'ai toujours apprécié les illustrations de mes nouvelles, mais cette image est superbe, elle représente parfaitement ce que j'avais en tête. Un grand merci à l'illustratrice de talent !

Le dernier Lama Exterus
Sur la planète Ankaa Prime, le nombre de formes de vie est très limité. L'équipe du professeur Denton étudie les derniers troupeaux de Lama Exterus, des mammifères proches de nos lamas terriens, mais dont le nombre a inexplicablement décru.

Le dernier Lama Exterus © Chantal Fournier




Rendez vous sur le site de Brins d'Eternité. On peut y acheter un numéro même depuis la France, il faut juste envoyer un petit mail à l'équipe pour la conversion dollars canadien et euro. Je crois que la transaction peut se faire par Paypal.





Une chronique de ce numéro sur Yozone.
Je me permets de citer le commentaire évoquant la nouvelle :

Phil Becker est décidément un auteur en vue ces derniers temps. On ne s’en plaindra pas, car ses nouvelles sont de qualité. Sur Ankaa Prime, chez les mammifères, la seule espèce vivante ressemble aux lamas terriens. Surnommée Lama Exterus, elle est le sujet d’études de scientifiques débarqués sur la planète. Un concours de circonstances, et encore ! les conduira à mieux comprendre ce monopole.
Les personnages sont bien décrits, la situation évolue étonnamment... “Le dernier Lama Exterus” n’est pas sans rappeler certains romans axés sur l’évolution déconcertante d’espèces extraterrestres. Je pense entre autres aux « Profondeurs de la Terre » de Robert Silverberg. Une apparition réussie de plus pour Phil Becker.

vendredi 13 septembre 2013

Acier froid sur les poumons

AOC numéro 29, du club Présences d'Esprits, vient de paraître. J'y publie ma nouvelle Acier froid sur les poumons. Un texte assez personnel, écrit d'une traite il y a quelques années, et qui a marqué un tournant dans mon écriture.

Le sommaire du numéro est ici.
 
Pour l'acheter, c'est par ici.

Un grand merci à Frank Ols qui a réalisé cette superbe illustration !

Acier froid sur les poumons
Le jour de leur quinzième anniversaire, les adolescents reçoivent leur Bijou d'Acier, le pendentif qui déterminera leur religion pour le restant de leur vie. Mais le Bijou de Cali est un symbole inconnu.


Voici le passage concernant la nouvelle :

Phil Becker est un habitué d’« AOC » et on ne s’en plaindra pas au vu de la qualité de ses apparitions. “Acier froid sur les poumons” ne déroge pas à la règle, même s’il faut reconnaître que l’on se retrouve tout de même en territoire connu. L’idée d’apprendre à un certain âge ce que nous réserve un avenir aux dés pipés, afin de museler les masses, n’est pas neuve. De plus, elle n’est pas sans rappeler la récente nouvelle “Cosplay” deMichel Pagel qui nous présentait la mode des sosies de personnages de fictions ou de jouets, comme moyen d’ascension dans la société.
Phil Becker a choisi la voie de la religion ou d’un courant pour maîtriser le peuple ou plutôt l’endoctriner. Un talisman donne un sens à notre vie. Le frère de Cali qui a un Svastika sur le torse a endossé le nazisme, alors que sa mère suit le chemin du zoroastrisme et son père celui de l’égyptologie. Aussi lorsque Cali reçoit un talisman d’un genre nouveau, inconnu au bataillon et aux vertus étonnantes, tout dérape et toute déviation par rapport au plan doit être rudement réprimée. Et si...
Cet avenir effrayant, car l’individu perd son libre arbitre, est contrebalancé par une conclusion pleine d’humour. Tout du long, l’auteur parvient à nous intéresser à son histoire qui emporte l’adhésion. La meilleure nouvelle de ce numéro !



dimanche 1 septembre 2013

Planète SF change de peau

C'est à l'occasion de cette refonte que je découvre Planète SF, un concept sympa qui regroupe les blogueurs SF de divers horizons.



Car c'est bien le problème : communautés, blogs, forums sont éparpillés aux quatre coins du net et vivotent de leur côté. Le pôle Cafard Cosmique a stoppé sa partie chroniques en 2010, Actu SF est encore bien vivant, avec un forum efficace, mais c'est un véritable casse-tête que d'y chercher un dossier ou une chronique de bouquin. Présence d'Esprits est tout concentré sur sa publication papier au point que la partie internet ronronne, Acta est fabula ricane, Frontières démarre, Noosfere et BDFI classent, et plus d'une centaine de blogs d'imaginaire proposent des sujets et chroniques qui sont parfois les mêmes (ImaginR compris). Sans oublier les chantiers / conseils d'écriture en ligne, sur le modèle du leader Cocyclics, et les sites qui se spécialisent dans un sous-genres, comme les fans de steampunk.
C'est bien d'être partout, mais voir de temps en temps des initiatives qui forment des liens, c'est un plus.

Planète SF, après avoir longtemps évolué en .org, après avoir lancé le "Prix Planète-SF des blogueurs", s'offre aujourd'hui un .com tout neuf sur une déco épurée et classe comme l'impose la mode actuelle des thèmes internet. A visiter d'urgence.


dimanche 4 août 2013

Chroniques sur ImaginR



Voilà un moment que j'avais envie de partager des lectures. Mais intégrer des chroniques à un blog les rends parfois difficilement accessibles, le format colonne fait obstacle à la recherche.

J'ai donc créé un blog parallèle avec un thème plus adapté.

Il ne s'agit pas de chroniques chartées et balayant un éventail des dernières nouveautés. Je n'ai pas le temps pour ça et tant de webzines et de blogueurs le font déjà si bien.

C'est simplement une liste de coups de coeur - rares seront les critiques négatives - avec quelques avis subjectifs et une envie de partager. Il y aura de vieilles lectures dont je me souviens encore un peu, et des achats plus récents. Ca va grossir avec  le temps.

Ca s'appelle ImaginR. Il faut cliquer ici.

dimanche 2 juin 2013

Deux ans de journalisme

Il y a un peu plus de deux ans, j'avais quitté l'Education Nationale et je découpais des couvertures à bulles pour piscine, au ciseau et à genoux, jusqu'à m'éclater les rotules. Quand on m'a proposé un essai dans l'hebdo local, je me suis dit que ça ne durerai que le temps de l'essai. Pas grave, il me fallait une raison de lâcher les ciseaux.
Aujourd'hui, à défaut de vivre de ma passion, je dois bien reconnaître que je vis de ma plume. Avec le week-end entre deux numéros, le journal est toujours là, dans l’esprit, jamais terminé. Un puits sans fond qu’il faut sans cesse remplir d’idées. Et puis le mois dernier, je trouve quelques heures pour écrire une nouvelle fantastico-policière en me servant d’un reportage de deux jours réalisé avec la police et la gendarmerie scientifiques. J’avais déjà mon personnage, mon enquêtrice. Je n’ai eu qu’à la jeter sur une affaire. J’ai alors feuilleté mes vieux numéros. Ils sont là, les héros de mes futurs récits. J’ai revu ces personnes que j’observais des heures durant sur le banc presse de la cour d’assises, ces gens qui ont tué, violé, séquestré. Elles sont là, mes personnalités complexes, mes Némésis. J’ai rassemblé les pages portraits avec des sportifs, inventeurs, artistes au parcours à peine croyables. Ils sont là, mes rebondissements. Aurais-je seulement osé mettre les pieds dans une synagogue, une mosquée, une salle de conseil municipal, un tribunal, dans une caserne ou à la lisière d’un incendie sans ce boulot ? Alors, emploi alimentaire peut-être, mais formidable source de matière. Aiguillon, aussi, qui maintient le rythme. Pour chaque numéro, je dois trouver une vanne pourrie parce que je me suis engagé à produire un strip de quatre cases façon roman photo. Quatre rédacteurs du journal vus de dos censés représenter l’ambiance au bureau avant le bouclage avec les blagues vaseuses sur les sujets en cours... Aiguillon parce qu’on est un hebdo et qu’il faut avoir quasiment une semaine d’avance sur un scoop pour espérer griller un quotidien ou un site internet. Il arrive que l’on bosse des semaines sur un reportage pour voir le dossier repris par un autre média le jour de l'impression. Mais quand on est les premiers, quand on révèle un scandale, voire, et ça arrive, quand on fait bouger les choses pour des gens dont nous étions le dernier recours, c’est quand même bon. Et les dossiers réalisés en équipe, cet effet groupe qui a fini par naître, ou les paris en paquets de bonbons qu’on fait sur la présence ou non des tics verbaux du rédac-chef dans ses papiers... Tout cela compense parfois l'omniprésence d'un journal qui envahit jusqu'à votre vie privée.

Je dois pouvoir faire quelque chose de tout ça, c’est ce que je me répète. Je dois pouvoir en faire quelque chose, il faut seulement trouver le bon angle.

On m'a reporté en plein reportage... 
Ici la technique hasardeuse de l'appareil photo par dessus la foule

mercredi 8 mai 2013

L'amiral nu


Frontières numéro 3, le webzine d'imaginaire, vient de paraître.

La revue publie ma nouvelle L'amiral nu.
Frontières, c'est gratuit et ça se lit en ligne. Il suffit de cliquer juste ici.
Dans ce numéro, je signe également deux chroniques : celle de Béhémoth, le dernier tome de la trilogie des Rifteurs de Peter Watts, et celle de Gueule de Truie, le roman post-apocalyptique de Justine Niogret.
Pour voir le site général de Frontières, c'est par ici.




L'amiral nu
C'est l'histoire d'une île suspendue, avec des rochers volants et des navire des cieux. C'est aussi celle de deux frères, d'un triangle amoureux, de conneries de jeunesse et de savoir qui, vraiment, mal tourné. (et à la fin il y a une fille toute nue, mais ça c'est pour le fan service).

samedi 15 décembre 2012

Blog photo

La galerie photo sous forme de site étant trop contraignante, je passe à un blog photo plus simple à mettre à jour. Encore peu garni actuellement, je vais le remplir progressivement.

Ca se passe ici


vendredi 16 novembre 2012

Frontières numéro 2

Frontières persiste et signe avec une nouvelle publication. Beaucoup de matière - dossiers, BD, chroniques, nouvelles, illustrations... - et un montage classieux.
J'ai l'honneur d'y publier deux chroniques de bouquins, Désolation Road de Jérôme Noirez et Mordre le bouclier de Justine Niogret.

C'est totalement gratuit, et il suffit de cliquer ici pour lire la revue.

Et par ici, c'est le site des éditions du Nexus où vous pourrez retrouver les numéros précédents.

lundi 20 août 2012

Prix Pépin du Public

Les Pépins se suivent et ne se ressemblent pas. Cette année, suite à un vote serré, c'est le prix du public que je décroche avec mon pépin (pour rappel, c'est un texte SF de 300 caractères max) "Vision". L'occasion de mettre à jour la "pépinière" : cliquez ici pour voir mes autres brèves de la SF.

Vision

Osant soulever ses lunettes anxiolytiques, l'instituteur découvrit la véritable nature de sa classe d'élèves en difficulté. La plupart était armés. Ceux qui ne combattaient pas avaient l'air morts. Il remit ses verres et, face aux anges souriants, se plongea dans le manuel de survie.

samedi 30 juin 2012

Frontières number one

La revue numérique Frontières publie son numéro 1, qui est en fait le second numéro puisque le premier était le numéro zéro...
Bref, l'équipe y transforme l'essai avec une publication très pro. On y trouve un dossier consistant, des interviews d'auteurs en vogue, des chroniques, une nouvelle, de la BD, de l'illustration... Que du bon, et c'est bien pratique pour renouveler ses listes de lecture, surtout depuis la mort du Cafard Cosmique (paix à son âme).
Pour ma part j'y ai pondu la chronique d'Ad Noctum de Lamarque et Portrait, que vous pourrez découvrir en page 21.

C'est gratuit. Ca se lit en ligne  en cliquant ici, et vous pouvez rendre visite au site de l'équipe en cliquant là

dimanche 17 juin 2012

Un an de journalisme

Un an et même un peu plus, puisque les sujets de saison font leurs retours. De l'élection de la miss locale aux dossiers estivaux pour les touristes, ce sentiment de déjà-vu me permet de réaliser que treize mois se sont écoulés. Il semble que le journaliste d'hebdomadaire évolue sur un cercle. Un an donc, où je me suis lancé dans le métier par opportunité et nécessité alimentaire plus que par conviction. Une année riche pourtant, moi qui croyait avoir tout vu en ayant enchaîné déjà tant de petits boulots et missions intérim. Les portes qui s'ouvrent, c'est toujours grisant. Le sport gratuit et vu du bord du terrain, les interviews de gens "vus à la télé", les quelques scandales déterrés, les rares retours positifs et ces instants parfaits où l'on est au bon endroit, au bon moment, et l'on sait qu'on aura la photo que les autres n'auront pas. Et au-dessus de tout ça, ces reportages qui vous font traverser des univers avec le sentiment de franchir une porte dimensionnelle. Passer des jours avec la police scientifique sur le terrain, avec les militaires lors de l'entraînement commando, suivre un long procès d'assises, le tournage d'une émission télé, vivre un incendie avec les pompiers, ou escalader des monuments, des usines, des chantiers et tout ce que vous voulez juste parce que vous avez une carte de presse. Apprendre chaque jour des dizaines de choses nouvelles, mais sans recul, parce que pas le temps. Parler du boulot avec les collègues en salle de rédac, croiser les confrères des autres médias. Jouir de glisser des jeux de mots ou des petites phrases à double sens dans ses textes. Je ne me suis jamais enrichi autant que cette année, et j'ai accumulé matière à histoires pour un bout de temps. Mais un an pénible aussi. Pénible parce que la presse papier va notoirement mal, ce qui implique salaire minimum et statut fragile. Parce que "effectif réduit" signifie faire davantage que prévu. En clair, au-delà d'une quarantaine d'heures au bureau, ne pas hésiter à travailler le soir ou les week-ends parce qu'il faut rédiger, couvrir un évènement ou retoucher les photos. Bye bye la vie privée. Gérer le stress du chemin de fer à remplir dans l'urgence, et trouver des idées, parce qu'avoir carte blanche a son revers : il faut inventer ses sujets, plusieurs par semaine, chaque semaine, sans cesse. Savoir jouer le standardiste ou le webmaster. Perdre du temps aux conférences de presse langue-de-bois, surtout quand il n'y a pas de petits fours. Pas le temps d'écrire pour soi, tandis que les projets SF s'empilent. Tout ça non pour me plaindre, puisque j'ai choisi ce travail, mais pour confirmer, si besoin était, qu'il n'y a pas que de bons côtés à être journaliste. Et un jour ou l'autre, il faudra bien réinvestir la matière accumulée.

lundi 5 mars 2012

Retour vers Asgard

La revue canadienne Brins d'Eternité n°31 est sortie et publie ma nouvelle Retour vers Asgard, probablement l'un des textes qui m'a demandé le plus de recherches. C'est un mélange de space opéra et de mythologie scandinave, à plusieurs voix.
Merci à Joanie Gélinas, qui me propose une très belle illustration tout à fait space op.


Odin, Loki, Thor et les autres élèves démiurges sont les survivants d'une humanité à l'agonie, dévorée par le Néant. Ils doivent retourner dans le passé, jusqu'à l'instant originel, où ils pourront générer un nouveau cycle de vie. Au passage, il faudra reconstruire Asgard, la cité des dieux.




Le numéro devrait être bientôt commandable (même depuis la France via Paypal) sur le site de Brins d'Eternité.

Une critique du numéro sur Yozone.

mercredi 15 février 2012

Frontières

Frontières, c'est une revue numérique de science-fiction qui se lance, toute neuve toute fraîche. C'est beau, c'est pro, il y a des articles, des interviews, des chroniques, de la BD et des nouvelles.

Un sacré pari que de lancer quelque chose d'aussi abouti et demandant autant de travail, au milieu du foisonnement de sites à la qualité variable. Mais j'ai l'impression que ça valait le coup.

Vous pouvez lire en ligne le numéro zéro, gratuitement, ici  ou via le site des Editions du Nexus.

J'y ai légèrement contribué en y plaçant ma nouvelle Abyssale partie de pêche, déjà publiée en 2009 dans la revue canadienne  Brins d'Eternité . C'est un plaisir d'avoir mon nom à côté de celui d'Eve Oemor, qui signe ici sa nouvelle "Ebola". Pour ceux qui sont curieux de voir ce que j'écris sans avoir à acheter une revue, c'est l'occasion.
J'y ai également rédigé une petite chronique des deux premiers tomes de la trilogie de Peter Watts, Starfish et Rifteurs, des bouquins qui m'ont marqué et que je recommande.

Bonne lecture

Première critique sur Outremonde.

mardi 22 novembre 2011

La reine des Crocs est publiée

Le n°22 d'AOC est disponible !

 Cette publication du club Présences d'Esprits contient les nouvelles lauréates du prix Visions du Futur 2011, dont mon texte "La reine des Crocs", qui a obtenu le premier prix.

C'est avec plaisir que je découvre l'illustration toute en finesse de Marc Pageau, qui a dessiné un Croc très proche de ce que je visualisais. Merci à toi, Marc !


J'ai déjà mis le synopsis plus bas mais je le remets ici :

Anna grandit sur Iraania, la planète-jungle qui accueille les orphelins de la galaxie pour une formation militaire. Les Crocs, fauves bleus sans pitié, se montrent étrangement familiers avec elle. Et quand les instructeurs usent de drogues et se rapprochent à leur tour des jeunes filles, son univers bascule. 


Vous pouvez lire la nouvelle dans le numéro à courir acheter ici !

A l'occasion de cette sortie, on m'a même fait un petit interview qu'on peut lire sur ce blog.

Un commentaire du  numéro à lire ici.






Pour lire l'interview du blog SF :

jeudi 13 octobre 2011

Jeux littéraires

En ce moment, je n'ai guère de temps pour écrire davantage que ces petits jeux, mais au moins ça permet d'entraîner la plume. Avec quelques collègues auteurs SFFF, nous nous lançons ces petits défis de temps à autre. Voici les deux derniers, ça donnera peut-être envie à d'autres de s'y mettre aussi :

Jeu numéro 4 : Piocher aux hasard deux mots dans un dico (ou ici) et en concocter une petite histoire.
(je suis tombé sur "amuser la galerie" et "estriqueur")

Amuser la galerie avec un estriqueur

Il savait bien que les navires derrière lui étaient faux. Il avait connu les vrais, autrefois, qui ne donnaient pas cette impression de légèreté sur l’océan. Oui, l’eau était d’un réalisme à couper le souffle, les couchers de soleil se reflétaient en mille teintes. Mais un vrai navire d’esclaves se déplace d’une manière plus pesante. On aurait du sentir, rien qu’à le voir, la pression qu’il exerçait sur la surface, comme s’il était à tout moment sur le point de passer sous sa ligne de flottaison.
Roberto se retourna vers son labeur. Les volets de la raffinerie de sucre s’ouvraient sur la plantation, où les nègres fauchaient encore et encore le même arpent... Des esclaves qui n’échangeaient pas un mot, qui ne tressaillaient jamais même quand il les haranguait depuis son abri. Eux aussi étaient faux.
Roberto soupira et se mit à estriquer le pain de sucre, tassant l’argile à blanchir dans les deux demi-cercles de bois. Il vissa l’étau pour serrer la forme. Comme un élève devant sa maîtresse, il inclina son oeuvre face à son reflet dans la baie vitrée. Après tout il était là pour ça, pour amuser la galerie. Un jour quelque part derrière le verre épais, ils avaient ouvert une porte ou une fenêtre et la lumière avait filtré. Il avait aperçu des silhouettes filiformes et un fond étoilé qui défilait. Puis de nouveau, son reflet, ses yeux fatigués, ses traits parcheminés par la poussière de sucre.
Ah, ils aimaient les vieux métiers. Voilà des mois qu’ils l’avaient enlevé à sa terre natale pour le coincer dans cet absurde imitation de la Louisiane. Eh bien les voyeurs allaient en avoir pour leur argent. Roberto brisa le pain de sucre et dégagea l’estriqueur. Il passa le cercle de bois autour de son cou et commença à visser.

Jeu numéro 5 : Jeux de mots et non-sens : composer un court texte à partir d'un thème.
(thème choisi : la main)

Quelques fois des touristes stoppaient sur la route du désert pour venir l'observer. Puis ils haussaient les épaules et repartaient. Droit comme un piquet, Billy tendait le bras devant lui, la paume vers le soleil brûlant. C'était plus facile maintenant, avec la crampe qui lui bloquait les muscles. Il se souvenait encore des paroles de Maman Vaudou, quand elle ne le frappait pas avec la chaîne qui fait saigner. "Tu auras toujours la main tendue" disait-elle.
Billy jeta un oeil a ses pieds. Le coeur de mouton qui pourissait sur la chaussée commençait à sentir mauvais. Les mouches zonzonnaient comme à la maison. "Tu auras le coeur sur la main" ricanait Maman Vaudou en tenant son crucifix à l'envers, dans la dernière cabane encore debout de Castleton. Le mouton, ça avait été dur de le tuer à mains nues, il avait fallu lui dévisser la tête pour qu'il se taise. Et maintenant, le coeur était tombé. Billy savait bien que s'il le ramassait, il n'aurait plus la force de se redresser pour respecter les préceptes maternels. Le poil qu'il cultivait dans sa main l'infectait jusqu'au poignet, avec des stries colorées qui partaient comme des veines depuis l'incision où il l'avait planté. Si ça continuait, peut-être aurait-il la main verte. "Tu n'es bon a rien, tu as un poil dans la main ! Simplet ! Simplet !" Billy versa une larme émue. Maman Vaudou lui manquait. Elle avait eu la main heureuse en dénichant le village abandonné aux planches moisies, dans les terres intérieures, loin, loin de Corpus Christi. Elle savait diriger son petit univers d'une main de fer. Et elle avait montré les rituels à Billy. Mais, honte à lui, il avait osé demander la main de Jenny, la fille dans le sous-sol qu'ils avaient creusé, Maman Vaudou et lui. Jenny venait de la ville et elle était jolie, avec ses mains liées au piquet et les petits bruits de souris qu'elle poussait derrière le bâillon. Billy ne se souvenait plus très bien pourquoi il s'était battu avec Maman, mais il avait du avoir la main lourde, parce qu'elle ne bougeait plus. Alors il avait franchi les collines et s'était arrêté sur la grande route, la frontière interdite. Le ciel entier était au-dessus de lui. Peut-être qu'en étant bien tout comme Maman Vaudou disait, alors elle reviendrait des nuages pour lui donner la main.