jeudi 15 janvier 2015

Pense-bête : les sous-genres en SFFF

Voici un petit pense-bête pour se souvenir à quoi correspondent toutes ces étiquettes dont on affuble à outrance l’imaginaire. Notez bien que si je m’en amuse, je ne méprise pas fondamentalement les sous-genres. Pour un néophyte, un sous-genre c’est aussi ouvrir la porte d’un grenier. Je n’oublierai jamais mon soulagement quand j’ai découvert pour la premier fois le mot space-opéra en refermant un bouquin. Cela signifiait qu’il y en avait d’autres.

Alors, si j’ai tout bien compris, il y a d’abord trois grosses étiquettes en imaginaire :

La science-fiction : le futur
Le fantastique : le surnaturel
La fantasy : le médiéval magique et / ou alternatif

Ensuite chacune a des sous-étiquettes. Voici quelques sous-genres de la science-fiction :

Le space-opéra : l’homme a colonisé l’espace. Souvent l’auteur a trouvé une astuce pour que les vaisseaux spatiaux aillent vachement vite (comme ne pas évoquer le problème ou aligner des trous de ver).
Le planet-opéra : l’histoire se passe sur une planète. Des auteurs trouvent plus pratique de proposer un paysage unique : une planète glacée, désertique ou une jungle.
L’uchronie : l’histoire n’est pas celle que l’on connait. Et si les nazis avaient gagné ?
La dystopie : le futur pas cool. Souvent c’est un futur sous surveillance.
L’utopie : le futur cool.
Le post-apocalyptique : le futur après la catastrophe. En général il y a peu d’humains, des bâtiments abandonnés, et parfois même des mutants.
La hard-science : un futur avec une technologie réaliste parce que l’auteur est documenté
La spéculative fiction : un futur proche plausible centré sur une évolution sociétale ou politique

Dans les sous-genres de la SF, il y a aussi tout un tas d’étiquettes qui finissent par « punk », suffixe qui a la base devrait impliquer la présence de rebelles ou d’anticonformisme :

Le cyberpunk : les multinationales ont remplacé les Etats et ont leurs propres milices. Des hackers cool piratent la réalité virtuelle depuis une cave blafarde. On améliore son corps avec, au choix : des implants, des tatouages électroniques, des puces, des membres artificiels.

Dans la famille des punks, beaucoup appartiennent au « rétrofuturisme », à savoir un futur dont la technologie évoque un passé en particulier. Les voici :

Le steampunk : une Angleterre victorienne où la technologie a oublié l’électricité pour se concentrer sur la vapeur, les engrenages et les dirigeables.
L’atompunk : un post-apocalyptique nucléaire avec un niveau de technologie qui ne dépasse pas les années 1950.
Le teslapunk : un univers basé sur les inventions électriques de Nicola Tesla
Le clockpunk : c’est comme le steampunk, mais avec plus de ressorts et moins de vapeur.
L’étherpunk : la vapeur est remplacée par une substance magique.
Le dieselpunk : on sillonne le futur à bord de gros engins à carburant. Le pétrole est roi.

Quelques sous-genres du fantastique :

La bit-lit : romance adolescente sur fond de créatures qui mordent mais où tout le monde est quand même très séduisant. Le port du cuir est apprécié.
Le gothique : évoque le macabre des XVIIIe et XIXe siècle. En gros c’est la bit-lit, mais mieux écrit. (C'est aussi, me fait-on remarquer dans les commentaires, l'ancêtre du fantastique).
L’horreur : avec de l’horreur dedans. On parle parfois de splatterpunk s'il y a des sociopathes déjantés.
Le réalisme magique : une réalité précise et identifiable dont les codes sont déformés par l'irrationnel.
Le fantastique psychologique : frontière entre surnaturel et folie / hallucinations des personnages.


Quelques sous-genres de la fantasy :

Heroic fantasy : Un type accomplit une quête, seul. Parfois, il s’appelle Conan.
High fantasy : Des types accomplissent une quête, en équipe. Pour respecter la diversité, l’équipe comporte un minimum de nains, de mages et d’elfes.
Urban fantasy : le merveilleux se cache en ville.
Dark fantasy : fantasy vaguement horrifique avec des héros à la moralité ambiguë pour faire plus vrai.
Light fantasy : fantasy amusante ou enfantine
Science-fantasy : la fantasy mâtinée de technologie
Animal fantasy : les animaux qui parlent y tiennent une place centrale.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Phil, Je vais pinailler ! Le Gothique est, à mon avis, l'ancêtre du Fantastique. C'est la fin du vingtième siècle qui a transformé le gothique en sous-genre du Fantastique... en fait, c'est le rameau originel ! Walpole, Shelley eyc.

Phil Becker a dit…

Oui, tu as sans doute raison (qui que tu sois), d'ailleurs je suppose que beaucoup de genres sur la liste se recoupent. Pour le gothique je pensais surtout à des romans très typiques comme ceux de Charles Robert Maturin (et son fabuleux Melmoth) mais c'est vrai que les Stoker et autres Shelley rentrent aussi dans la case. Poe également, j'imagine. Mais aujourd'hui le fantastique recouvre des choses plus larges, non ? Ce qui fait que le gothique, même s'il en est à l'origine, n'en est qu'un aspect. (comment je retombe sur mes pattes, là :)